Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) permettait de déduire une partie du coût d’achat d’une pompe à chaleur de l’impôt sur le revenu. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2020. Pour une pompe à chaleur air-air, la situation était déjà restrictive avant cette date, et elle l’est restée depuis : cette technologie n’a jamais bénéficié des mêmes conditions que les PAC air-eau ou géothermiques.
Comprendre pourquoi suppose de distinguer deux notions que les pages commerciales mélangent souvent : la fonction déclarée de l’équipement et le type de circuit thermodynamique utilisé.
PAC air-air et crédit d’impôt : pourquoi l’exclusion est structurelle
Le CITE ciblait les équipements de chauffage considérés comme performants sur le plan énergétique. La PAC air-eau, qui alimente un circuit hydraulique (radiateurs, plancher chauffant), entre dans la catégorie des générateurs de chauffage central. La PAC air-air, elle, diffuse la chaleur par ventilation directe dans les pièces.
Cette différence technique a une conséquence fiscale directe. L’administration classe la PAC air-air comme un appareil de confort, pas comme un système de chauffage principal au sens des textes réglementaires. Le CITE excluait explicitement les équipements de climatisation réversible dès lors qu’ils ne constituaient pas le mode de chauffage principal du logement.
Même lorsque la PAC air-air est utilisée toute l’année pour chauffer, son mode de diffusion par soufflage d’air et sa réversibilité native la maintiennent dans cette catégorie. Le crédit d’impôt ne s’appliquait donc pas à une PAC air-air, et puisque le CITE n’existe plus depuis fin 2020, la question est doublement close.

MaPrimeRénov’ et PAC air-air : une incompatibilité confirmée
Le dispositif MaPrimeRénov’, géré par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), a remplacé le CITE. Ses barèmes couvrent les PAC air-eau et les PAC géothermiques, avec des montants qui varient selon les revenus du ménage.
La PAC air-air n’est pas éligible à MaPrimeRénov’. Le guide des aides financières 2025 publié par l’Anah confirme cette exclusion. La raison rejoint celle du CITE : l’équipement n’est pas assimilé à une pompe à chaleur destinée au chauffage par circuit hydraulique.
Confusion fréquente entre PAC air-eau et air-air
De nombreux sites présentent « les aides pour une pompe à chaleur » sans préciser que la technologie air-air en est exclue. Un propriétaire qui compare des devis peut légitimement croire qu’il obtiendra plusieurs milliers d’euros d’aide, alors que seul un changement vers une PAC air-eau ou géothermique ouvrirait ce droit.
Avant de signer un devis, vérifier la mention exacte du type de PAC sur le document est la précaution minimale. Un installateur qui promet MaPrimeRénov’ pour une PAC air-air commet une erreur, volontaire ou non.
Certificats d’économies d’énergie (CEE) : la seule aide nationale accessible
Les CEE constituent le principal levier financier pour réduire le coût d’installation d’une PAC air-air. Ce dispositif fonctionne différemment des aides directes : les fournisseurs d’énergie rachètent les économies d’énergie générées par les travaux sous forme de primes versées au particulier.
La PAC air-air est éligible aux primes CEE, à condition de respecter plusieurs critères techniques et administratifs :
- Le coefficient de performance saisonnier (SCOP) de l’appareil doit atteindre un seuil minimal défini par la fiche d’opération standardisée (fiche BAR-TH-129 pour les PAC air-air).
- L’installation doit être réalisée par un professionnel titulaire de la certification RGE (Reconnu garant de l’environnement), condition sine qua non pour déclencher le versement de la prime.
- Le logement concerné doit être achevé depuis plus de deux ans et constituer une résidence principale ou secondaire.
- La demande de prime CEE doit être initiée avant la signature du devis, pas après. Signer d’abord et demander la prime ensuite entraîne un refus systématique.
Le montant de la prime CEE varie selon le fournisseur d’énergie sollicité, la zone climatique du logement et les revenus du ménage. Les écarts entre les offres peuvent être significatifs : comparer au moins trois propositions avant de s’engager reste une précaution utile.
Piège fréquent : le démarchage téléphonique lié aux CEE
Le marché des CEE a généré des pratiques commerciales agressives. Des sociétés proposent l’installation d’une PAC air-air « à un euro » ou « entièrement prise en charge ». Ces offres reposent sur un cumul de primes CEE et parfois sur des facilités de paiement dont les conditions méritent une lecture attentive.
Un prix anormalement bas peut masquer un équipement sous-dimensionné, une installation bâclée ou l’absence de certification RGE réelle. Demander le numéro de certification RGE et le vérifier sur l’annuaire officiel avant toute signature protège contre ce risque.

TVA réduite sur une PAC air-air : ce que la loi de finances a changé
Depuis le 1er janvier 2025, la loi de finances a modifié le régime de TVA applicable aux travaux de rénovation énergétique. Pour une PAC air-air, l’éligibilité à la TVA à 5,5 % dépend de la nature exacte de l’équipement et du fait que les travaux soient réalisés dans un logement achevé depuis plus de deux ans.
La réversibilité de l’appareil ne suffit pas à exclure automatiquement le taux réduit, mais elle complique la qualification. En pratique, l’installateur applique le taux de TVA sur la facture en fonction de la classification de l’équipement. Si la PAC air-air est considérée comme un système de climatisation, le taux normal s’applique.
Si elle est classée comme équipement de chauffage dans un cadre de rénovation, le taux réduit peut être retenu. Cette zone grise impose de demander à l’installateur une justification écrite du taux appliqué. En cas de contrôle fiscal, c’est le propriétaire qui assume la régularisation si le taux réduit a été retenu à tort.
Coût d’installation et retour sur investissement d’une PAC air-air
Le prix d’une PAC air-air dépend du nombre d’unités intérieures (splits), de la puissance nécessaire et de la complexité de l’installation. Pour un logement de taille moyenne, le budget se situe généralement entre quelques milliers d’euros pour un monosplit et un montant sensiblement plus élevé pour un multisplit couvrant plusieurs pièces.
Critères qui font varier la facture
- Le nombre de splits intérieurs : chaque unité supplémentaire augmente le coût de matériel et de main-d’œuvre.
- La longueur des liaisons frigorifiques entre l’unité extérieure et les splits, qui dépend de la configuration du logement.
- Le SCOP de l’appareil : un coefficient saisonnier plus élevé signifie un meilleur rendement, mais aussi un prix d’achat supérieur.
Le retour sur investissement repose principalement sur la baisse de la facture de chauffage. Une PAC air-air consomme significativement moins d’électricité qu’un convecteur électrique pour produire la même quantité de chaleur. Dans un logement chauffé intégralement à l’électricité, le passage à une PAC air-air réduit la consommation de chauffage de façon notable.
Ce gain dépend de l’isolation du logement. Dans une passoire thermique, la PAC tourne en permanence à pleine puissance et perd une grande partie de son avantage. Coupler l’installation avec des travaux d’isolation (combles, fenêtres, murs) améliore à la fois le confort et la rentabilité de l’équipement.
Éco-prêt à taux zéro et PAC air-air : une piste sous conditions
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) finance des travaux de rénovation énergétique sans intérêts. Son éligibilité dépend du type de travaux réalisés et de leur combinaison. Une PAC air-air seule ne suffit généralement pas à déclencher l’éco-PTZ.
En revanche, si l’installation de la PAC air-air s’inscrit dans un bouquet de travaux comprenant par exemple une isolation des combles ou un remplacement de fenêtres, l’ensemble du projet peut devenir éligible. La condition : que le bouquet atteigne un certain niveau de performance énergétique globale, évalué par un professionnel RGE.
Cette approche par bouquet de travaux présente un double intérêt. Elle permet d’accéder à un financement sans intérêts, et elle augmente les économies d’énergie réelles du logement, là où une PAC air-air posée dans un bâtiment mal isolé produit des résultats décevants.
La PAC air-air reste donc exclue du crédit d’impôt (supprimé) et de MaPrimeRénov’, mais elle peut bénéficier des primes CEE, d’une TVA potentiellement réduite et, sous conditions, de l’éco-PTZ dans un bouquet de travaux. Chaque situation dépend du logement, de son isolation et du type précis d’équipement retenu.

